Vendredi 22 février 2008
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13:41
" Les mots pour panser les maux."
Dessiner les lettres, colorer les phrases, former les textes patiemment, silencieusement, presque tendrement.
Et cela malgrè, la colère, la souffrance, la folie!
Dévoiler les émotions, pour partager, soulager, comprendre.
Je ne sais toujours pas parler de moi, même après une thérapie de sept ans (pénible et vitale)---
Je suis " lettre " écorchée par ma vie.
Je suis " mot " d'espoir à moi même.
Je suis " texte " éternel qui repousse ma mort.
Je suis " livre " joie de l'amour des miens, ma famille, quelques amies.
Je suis comme toi, comme elle, comme le souffle léger de la pensée, de l'imaginaire, de l'instant présent.
" Demain est un autre jour! "
Sylvana-Vie.
Par vie
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Vendredi 29 février 2008
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21:04
" La musique apaise et intensifie la vie !
Cet éclat de notes fut un baume au moment les plus sombres de mon existence.
Je les laisse vagabonder en moi et se poser en douceur sur toutes mes émotions.
La musique imbibe l'isolement de l'être.
Remplit le silence de l'âme.
Transparaît le coeur innocent.. "
Par vie
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Mardi 18 mars 2008
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16:06
J'ai doucement déposé mes lunettes sur le journal et, dans une profonde inspiration, j'ai fermé les yeux.
Fermé les yeux sur les mariés de la première page. Sur les gains fabuleux du loto. Sur toutes ces publicités envahissantes et tellement tentantes. Pardon, car durant cet instant
d'inconscience j'ai gardé les yeux clos sur la violence urbaine, sur les guerres dévastatrices, sur les maladies incurables.
Car submergée par ma vie privée, égoïstement, lâchement, j'ai expiré cette grande fatigue qui me pèse. Bien sûr, ce ne fut que pour un instant. Quelques minutes pour reprendre mon
souffle et, sans pudeur, laisser couler une larme de lassitude.
J'ai rouvert les yeux, mes lunettes semblaient me regarder. Je les ai ajusté sur mon nez et j'ai parcouru le journal.
Bizarre, mes verres étaient embués---
( 21 novembre 2007)
Par vie
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Vendredi 21 mars 2008
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22:42
" Comment être soi quand on est une autre---aux yeux des autres ? "
Calamité ho combien désiré ! Damnation rêvée ! J'aurais aimé porter cette croix durant toute ma vie !
A quoi bon une ressemblance qui aurait réjouit mon coeur si à la naissance je n'avais pas de nom ? Alors comment être soi aux yeux des autres lorsque l'on est déjà une autre ?
Toute mon enfance j'ai porté le nom d'un homme qui n'était pas mon père , dans une complète indifférence de sa part . Puis dix neuf années lamentables à endosser le nom du mariage .
Pas de ressemblance bénie car jamais d'identité ! Seule consolation , quatre enfants , tellement désiré tellement ressemblant à leurs parents !
J'ai donc dû très tôt , à la naissance , m'accommoder d'Anne . Ce qui m'a valu deux placements en maison de santé , sous alimentation . La damnation commençait pour moi , mais pas celle du rêve
.
Mon âme soeur bien aimée tellement exigeante mais indispensable à ma survie . Elle ne m'a jamais abandonnée durant ces années de solitude et de douleur intérieure . J'ai plongé dans son enfer comme
se blottir dans des bras bienveillants .
C'est lorsque les enfants ont quitté un à un la maison que ma ressemblance à Anne fut saisissante . Nos têtes à têtes silencieux effrayaient ma famille et mes collègues de travail , et bien sûr ma
thérapeute .
Je fus hospitalisée deux fois et même là , Anne m'accompagna dans toute sa discrétion morbide . En sortant de la clinique j'étais en harmonie avec Anne , squelettique . Moi aussi , comme dans
beaucoup de famille , j'avais enfin mon image , ma ressemblance , mon identité.
Et puis la ménopause a chassé mon âme soeur à grands coups de rondeur . La naissance de mon premier petit fils a enfermé Anne dans les sombres profondeurs de mon être . Devenir mamie
inconsciemment m'angoissait, car Anne s'éloignait---
Quatre ans plus tard l'embonpoint diminue et mes mains glissant sur le corps---Anne---norexie.
( 25 novembre 2007 )
Par vie
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Mercredi 26 mars 2008
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11:08
Il souffle à qui veut l'entendre ,
- " J'ai le coeur gros remplit de tristesse et d'eau ! "
C'est que depuis ce matin , il ne cesse d'être bousculé par d'autres voyageurs , comme lui pressé d'arriver au rendez-vous fixé . J'ai peine à le regarder , si maladroit à se déplacer , dans
cette haute immensité encombrée .
- " Non et non ! Passez votre chemin car de ce lieu j'en fais le mien ! "
Du blanc il passe au gris , c'est sa façon d'afficher sa colère . C'est que de loin il a aperçu , la frêle silhouette courant légère au milieu des fleurs du champ .
Ne pas cueillir les fragiles coquelicots aussi rouges que cette tache s'étalant sur sa poitrine . Elle n'a plus la force d'avancer et , soudain vacille et s'écroule , le visage tendu vers le ciel
obscurcit .
- " N'ai pas peur , je viens à toi . "
Dans un roulement sourd de tonnerre accompagné d'éclairs , le gros nuage éventré déverse sa douleur ruisselante .
Il y a des rendez-vous que la nature ne peut manquer . Il me semble même que j'ai cru voir l 'âme de la douceur écartelé s'envoler , pour disparaître dans le firmament . Et qui sait , devenir à son
tour nuage du dernier instant .
( 28 novembre 2007 )
Par vie
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